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L’interruption volontaire de grossesse ou IVG, qui se définit comme « l’expulsion prématuré, volontairement provoquée, du produit de conception » est un acte chirurgical répondant à des règles inscrites dans le Code de la santé publique.
En France, l’IVG est légal depuis la loi Veil de 1975 et peut se pratiquer légalement jusqu’à 12 semaines de grossesse (ou plus tard si des anomalies sont diagnostiquées : IMG). Les IVG se passent en cliniques privées ou dans des hôpitaux publics. A peu près 210 000 IVG par année sont pratiquées dans ce pays.
Comment se pratique une IVG ?
Il y a plusieurs façons de procéder à une IVG.
IVG médicamenteuse :
Elle est réservée aux femmes dont la grossesse est inférieure à 5 semaines (7 semaines après les dernières règles) et se déroule en 3 consultations. Une première consultation où il vous sera donné des comprimés de Mifépristone (RU 486) qui rendront votre milieu utérin inadéquat pour le bébé en développement.
Vous prenez alors rendez vous pour la deuxième consultation qui doit avoir lieu 36 à 48 heures plus tard et vous pouvez rentrer à la maison.
Lors de cette seconde consultation, le médecin vous donnera un autre type de comprimé ou d’ovules à mettre dans le vagin, c’est ce qui va déclencher l’expulsion de l’embryon. Vous resterez alors sous surveillance médicale ou bien le médecin vous renverra à la maison. Pendant les heures qui suivront, il surviendra des saignements, des contractions utérines, qui peuvent être douloureuses, et l’expulsion de l’embryon.
Les saignements qui suivent l’intervention vont durer en général 14 jours. Mais cela ne prouve pas que la grossesse soit bien interrompue. Vous devez prendre rendez vous pour une troisième consultation 10 jours après.
IVG par aspiration :
Elle peut se faire soit sous anesthésie générale ou anesthésie locale. L’intervention se fait au moyen d’une canule introduite dans le col de l’utérus qui a été préalablement dilaté. Cette canule est reliée à un système qui aspire le bébé en développement (fœtus) et la muqueuse utérine interne. Une hospitalisation de quelques heures suffit le plus souvent pour une IVG. Des saignements surviennent à peu près pendant 14 jours après l’intervention.
Quels sont les risques pour la santé ?
Dans plus de 5% des cas, l’IVG induit des complications, dont les plus fréquentes sont la rétention (le corps de l’embryon n’est pas entièrement évacué de la cavité utérine) qui peuvent induire des infections locales ou généralisées. La femme peut également souffrir de perforation utérine, déchirure du col de la matrice, hémorragies. Ces complications mais surtout les infections peuvent augmenter le risque de stérilité. Des études ont déjà fait le lien entre une IVG et le cancer du sein.
Il y a, de même, certains risques pour les grossesses ultérieures : augmentation du taux de grossesses extra utérines, des risques de fausse-couche ainsi que des naissances prématurées. Cette proportion est doublée chez les femmes ayant subi deux à trois IVG.
Comment est-ce que je vais me sentir après une IVG ?
Beaucoup de femmes ressentent un soulagement après une IVG parce qu’elles ont l’impression que leurs problèmes ont été résolus. Certaines ressentent naturellement de la tristesse, mais, avec le temps, s’en accommode au point où ces sentiments deviennent gérables et acceptables pour elles.
Cependant, il y en a plusieurs qui ont plus de mal à s’en accommoder et qui développent différents symptômes mieux connus sous le nom de syndrome post-IVG.
Vous avez plus de chance de développer ces symptômes si vous hésitez à recourir à une IVG. Par exemple :
- Vous vous sentez fortement influencée par quelqu’un dans le choix que vous avez à faire.
- Vous avez le sentiment de ne pas avoir le choix parce que les circonstances vous dépassent.
- Vous vouliez cet enfant mais des examens viennent de diagnostiquer une anomalie.
- Vous avez été dépressive avant ou n’êtes pas très à l’aise avec le fait de recourir à l’IVG.
Vous pouvez aussi vivre plusieurs de ces situations à la fois !
Le syndrome post-IVG regroupe en général les éléments suivants :
- Culpabilité, sentiment de perte et de vide, colère
- Sensation de devoir « remplacer » le bébé
- Sentiment de distance, ou, à l’inverse, de surprotection à l’égard des enfants
- Sentiments dépressifs qui vont au-delà d’une tristesse passagère
- Insomnies, rêves perturbants ou cauchemars
- Tensions relationnelles ou dépression suite à l’IVG
- Incapacité à se trouver proche de femmes enceintes ou de bébés
Dans des cas les plus grave, la femme peut devenir suicidaire, s’automutiler ou développer des comportements à risque, devenir dépendante à la drogue ou à l’alcool ou souffrir d’anxiété voire de crise de panique. Ces symptômes peuvent survenir à n’importe quel moment après une IVG (un jour comme dix ans plus tard !), parfois même déclenchés par une perte ultérieure.
A quoi dois-je penser alors que je prends ma décision ?
Une IVG n’est pas toujours une décision facile et simple qui résout tous les problèmes comme elle peut sembler l’être. On pense que : « Si j’interromps ma grossesse, il n’y a plus de problème ». Mais une IVG peut aussi générer des problèmes psychologiques et physiques.
Dans la situation de crise et d’urgence d’une grossesse non planifiée, une IVG semble être la seule solution, l’unique porte de sortie. Cependant, peut de gens sont réellement au courant des conséquences qu’une IVG peut avoir.
Il est difficile de se dire qu’une IVG est le résultat de la mort d’un bébé à naître, mais il est important d’y réfléchir alors que vous prenez votre décision. C’est certainement douloureux pour vous de réaliser cela, mais il vaut mieux y penser maintenant plutôt qu’une fois qu’il est trop tard.
Il est important de comprendre pleinement tout ce que cela implique, au niveau de l’ IVG comme au niveau du développement du bébé, pour être en mesure de prendre une décision en toute connaissance de cause et non pas, poussé par des sentiments de panique ou de peur.
Quels sont vos choix ?
Nous avons tous reçu la capacité de prendre des décisions dans la dignité et le respect de soi. Il est donc sage de pouvoir prendre conscience des sentiments qui sont au plus profond de nous-mêmes, de notre conscience, de notre instinct et de nos croyances. Il est essentiel de ne pas regarder uniquement aux circonstances difficiles pour prendre sa décision.
Le choix de garder l’enfant ou de le faire adopter sont des alternatives très positives qui peuvent apporter une meilleure santé et un bien être sur le long terme, il est important de prendre le temps de considérer ces possibilités.
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